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CONFUCIUS (551-476 avant notre ère)
Par Jacques Barret. (Croth, Eure.)
  cjbarret@wanadoo.fr

 

De ce Chinois qui vécut il y a 2500 ans, on ne sait presque rien, si ce n'est qu'il fut un ministre très écouté et très contredit de son vivant. Même ses dates de naissance et de mort sont sujettes à caution. Ses écrits, d'ailleurs peu nombreux, ont été brûlés dans le siècle qui suivit sa mort, et ce que nous croyons savoir de sa philosophie nous vient de ses disciples, et des disciples de ses disciples. En outre, l'esprit tolérant -pour l'époque où il vivait- et bienveillant de l'enseignement de KONG FU TSI a été volontairement trahi par ses successeurs, la plupart du temps pour justifier une politique de rigueur. Curieusement, et malgré ces "relectures" successives, la pensée qu'on lui attribue n'a cessé d'exercer une influence importante dans tout l'Extrême-Orient, et un certain intérêt en Europe, jusqu'à aujourd'hui.

On ne réalise pas toujours en France que l'ascendant de Confucius sur le Monde a été et reste supérieur (par le nombre d'adeptes et dans la durée) à celui de Jésus, de Mahomet ou de Bouddha.

En gros, (en très gros !), la doctrine du bienveillant Maître KONG est basée sur l'ordre nécessaire, lui-même inspiré par le respect des Anciens, par l'étude permanente et par la vertu innée de l'Homme quand il laisse parler sa nature profonde. Il en découle un sens certain du devoir, accompli dans la sérénité. Vous comprendrez aisément que les gouvernants, suivant le type de politique qu'ils souhaitent impulser, mettent la plupart du temps l'accent sur "l'ordre" plutôt que sur la bienveillante sérénité.

Oui, …….. enfin !…… J'ai honte d'avoir résumé à ce point !

Les structures mentales des Extrême-orientaux sont si différentes des nôtres que les traducteurs scrupuleux déclarent toujours avoir beaucoup de mal à transposer leurs idées dans notre langue. De plus, les traducteurs n'ont pas toujours été scrupuleux. En particulier, les Jésuites, admirant Confucius, ont essayé de rapprocher ses enseignements de l'enseignement de l'Eglise catholique. Les traductions des adages de Confucius divergent donc très souvent.

Certaines de ces phrases vous paraîtront peut-être naïves, et d'autres évidentes. N'oubliez pas que Maître Kong est l'un des premiers sages à avoir enseigné une discipline de vie, à l'aube des civilisations, dans une Chine brutale et féodale.

Il fallait beaucoup de courage pour critiquer ouvertement les puissants seigneurs et leur donner des conseils de sagesse. Les disciples de Kong Fu Tsi l'ont parfois payé de leur vie, et lui-même, fuyant sa terre natale, le pays de Lu, erra pendant quatorze ans dans les petits états de la plaine centrale de Chine, dispensant son enseignement à tous ceux qui voulaient bien l'entendre, sans réaliser son rêve d'y ramener la paix.

Quelques citations, authentiques ou non :

(Vous constaterez que certaines sont encore couramment employées,

souvent sans savoir qu'elles sont directement inspirées de Kong)

1. LE MOT JUSTE

*Qui ne connaît la valeur des mots ne saurait connaître les hommes. (Confucius insistait pour que l'on recherche la dénomination précise de chaque chose. Boileau écrira :" Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement.")

Confucius allait encore plus loin dans son combat contre les appellations volontairement erronées utilisées par des gouvernants malhonnêtes :

*Lorsque les mots perdent leur sens, les hommes perdent leur liberté.

Exemples : Un plan "social", une "démocratie" "populaire"

2. LA VERTU D'HUMANITE

*Celui qui s'applique sérieusement à pratiquer la vertu d'humanité s'abstient de mal faire.

*Celui qui gouverne un peuple par la vertu est comme l'étoile polaire qui demeure immobile tandis que toutes les autres étoiles gravitent autour d'elle.

*Si le Prince dirige le peuple par des lois qu'il fait respecter au moyen de châtiments, le peuple s'abstient de mal faire mais ne reconnaît aucune honte. Si le Prince conduit le peuple par la Vertu, le peuple a honte de mal faire, et devient vertueux. Ayant lu J.J.Rousseau, qui avait sûrement lu Confucius, Robespierre a pourtant commis la très grave erreur de chercher à imposer la vertu par la terreur, et la paya de sa vie. Mais de toute façon, le précepte confucéen n'a jamais été réalisé, même par le bon Maître Kong.

*Le Prince ne doit pas craindre de ne pas avoir une population nombreuse, mais de ne pas avoir une juste répartition des biens.

*L'homme de bien place la justice au-dessus de tout. Un homme de bien qui a la bravoure mais ignore la justice sera un rebelle. Un médiocre qui a la bravoure mais ignore la justice sera un brigand.

Confucius dit un jour: "Ma voie est cousue d'un seul fil". Son disciple Tseng tseu expliqua cette phrase comme suit: * "La voie de notre maître consiste en la loyauté, et en l'amour des autres comme de soi-même"

(Ceci est une traduction établie par le père Séraphin Couvreur)

*L'homme honorable s'applique à être précis dans ses discours et diligent dans ses actions

 

Tzeu tchang demanda à Confucius ce qu'il fallait faire pour bien gouverner. Le Maître lui répondit: " Il faut avoir 5 qualités et éviter 4 défauts."

Les qualités:

  1. Le prince honorable exerce la bienveillance sans rien dépenser.(en favorisant ce qui profite au peuple)

  2. Il fait travailler le peuple sans le mécontenter.(en ne lui demandant que ce qui est raisonnablement réalisable)

  3. Il a des désirs sans être cupide.(en ne désirant que la bonté, il l'obtient)

  4. Il est majestueux sans orgueil, ni arrogance, ni mépris.

  5. Il est imposant sans brusquerie.(sa gravité inspire le respect)

Quant aux défauts:

  1. Ne pas instruire le peuple et le punir de mort: c'est de la cruauté

  2. Sans avoir averti, exiger que le travail soit terminé tout de suite, c'est de la tyrannie.

  3. Donner des ordres peu pressants et hâter ensuite leur exécution, c'est de la fourberie.

  4. Régler ce que l'on doit avec retard et parcimonie, c'est agir comme un intendant.

 

*Oubliez les injures, n'oubliez jamais les bienfaits.

 

3. LE SAGE

*La vie de l'Homme dépend de sa volonté : Sans volonté, elle serait abandonnée au hasard.

*Le sage ne s'afflige pas de ce que les hommes ne le connaissent pas. Il s'afflige de ne pas connaître les hommes.

*Le sage a honte de ses défauts : Il n'a pas honte de s'en corriger.

*Qui peut extraire une idée neuve d'un savoir ancien a qualité pour enseigner.

*Quand vous plantez une graine une fois, vous obtenez une seule récolte. Quand vous instruisez les gens, vous obtenez cent récoltes :

Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. (une des nombreuses pensées du bon Maître qui a encore un succès universel)

*Le tout est plus grand que la somme des parties.

*Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce qui est passé.

*Je ne peux rien pour celui qui ne se pose pas de questions.

*Celui qui pose une question est sot une minute. Celui qui ne la pose pas reste sot toute sa vie.

*Celui qui ne prévoit pas les choses lointaines s'expose à des malheurs prochains.

*L'expérience est une lanterne accrochée dans notre dos. Elle n'éclaire que le chemin parcouru.

*Le silence est un ami qui ne trahit jamais. (Et donc, il est d'or !)

 

4. L'HOMME DE BIEN

*Plus de vertu naïve que de bonnes manières : on est un rustre. Plus de bonnes manières que de vertu naïve : on est un cuistre. Autant de bonnes manières que de vertu naïve : on est un homme de bien.

*L'homme de bien est droit et juste, mais non raide et inflexible. Il sait se plier, mais pas se courber.

*La prodigalité conduit à l'arrogance et la parcimonie à l'avarice. L'arrogance est pire que l'avarice.

*Lorsque l'on se heurte la tête contre un pot et que ça sonne creux, ce n'est pas forcément le pot qui est vide !

*La voie du milieu juste n'est pas suivie : les hommes intelligents vont au-delà, les ignorants restent en deçà, les sages veulent trop en faire, et les hommes de peu pas assez. C'est ainsi que tous les hommes boivent et mangent, et bien peu savent juger les saveurs.

*Pas trop d'isolement. Pas trop de relations. Le juste milieu voilà la sagesse.

Nota : ne pas confondre "le juste milieu" (la moyenne) avec "le milieu juste" (le centre de la cible à atteindre).

*L'homme de bien ne demande qu'à lui-même. L'homme de peu demande tout aux autres.

*Notre plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever chaque fois que nous tombons

*Trois sortes d'amis sont utiles: un ami droit, un ami fidèle, un ami cultivé. Trois sortes d'amis sont néfastes: un ami faux, un ami mou, un ami bavard.

*Parler sans y être invité est une impertinence. Ne pas parler quand on vous y invite, c'est de la dissimulation. Parler sans observer les réactions de celui qui vous écoute, c'est de l'aveuglement.

 

5. L'ETUDE

*Etudier sans réfléchir est une occupation vaine. Réfléchir sans étudier est dangereux.

*Précepte des 6 vertus et des 6 défauts dans lequel tombe celui qui les pratique sans les bien connaître:

Qui aime à se montrer bienfaisant, et n'aime pas l'étude, manque de discernement.

Qui aime le Savoir, et n'aime pas l'étude, tombe dans la futilité.

Qui aime tenir ses promesses, et n'aime pas l'étude, risque de nuire aux autres.

Qui aime la franchise, et n'aime pas l'étude, est tranchant et peut être injuste.

Qui aime montrer son courage, et n'aime pas l'étude, trouble l'ordre.(1)

Qui aime la fermeté d'âme, et n'aime pas l'étude, est un fanatique. (1)

(1) D'où la déduction : Bravoure sans justice = brutalité. Origine des guerres

*Une image vaut mille mots. (et un petit croquis vous en dit plus qu'un long discours, hein ? mon général !)

*Ce que l'on sait, savoir qu'on le sait. Ce que l'on ne sait pas, savoir qu'on ne le sait pas. Voilà le vrai savoir.

 

6. LE DEVOIR

*Celui qui ne progresse pas chaque jour recule chaque jour.

*Que l'on s'efforce d'être pleinement humain, et il n'y aura plus de place pour le mal.

(Il est possible que cette citation soit la même que la première du chapitre 2, mais traduite différemment)

*Etudier tout en répétant, n'est-ce pas source de plaisir ?

*Celui qui plante la vertu ne doit pas oublier de l'arroser souvent.

*La vraie faute est celle que l'on ne corrige pas.

*Négligez, et vous perdrez. Cherchez et vous trouverez. Mais chercher ne conduit à trouver que si nous cherchons ce qui est en nous.

*Celui qui sait obéir saura commander.

(N'oubliez pas qu'il était censé éduquer des dirigeants)

Une maxime qui vous rappellera peut-être autre chose (à venir 500 ans plus tard)

*Ayons assez d'empire sur nous-même pour juger des autres par rapport à nous. Agissons envers eux comme nous voudrions qu'ils agissent envers nous. C'est la doctrine de l'humanité.

Il n'y a rien au-delà.

Et enfin, pour terminer, cette vérité, qui défrise notre fréquente mauvaise foi : Elle n'est peut-être pas du Maître, mais correspond très exactement à son enseignement :

*On trouve toujours une excuse (pour ne pas faire ce dont on n'a pas envie) ou un moyen (pour réaliser ce que l'on veut vraiment).

Attention : cette phrase est plus dangereuse qu'il n'y paraît. Elle peut vexer des interlocuteurs dont la conscience n'est pas très nette !

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"Merci à Jacques Barret pour sa participation au contenu de ce site, pour sa sagesse et sa culture."
 Patrick Pochon

Patrick Pochon, Anet. France.
Mise à jour le 06 décembre 2008.

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